Les douleurs sont très fréquentes chez les patients atteints de drépanocytose, mieux, ils vivent avec au quotidien. Cependant, nous avons appris avec le temps à les classifier et  à les reconnaître ( les douleurs piquantes, brûlantes, perfides et cruelles etc…). Ces douleurs font du drépanocytaire un gros consommateur d’anti-inflammatoires.

(Je n’ose plus compter le nombre de fois et les types de médoc que j’ai pris durant cette courte vie).

Cependant, j’ai constaté avec le temps que la prise de ces anti-inflammatoires sensée me soulager avait des effets secondaires sur mon corps. (Décidément ce n‘est pas simple d’être drépano lol).

Cet article est rédigé pour attirer l’attention des drépanocytaires sur la prise fréquente des anti-inflammatoires et surtout avoir les bons gestes afin de nous aider dans ce combat à vie.

Les anti-inflammatoires : Qu’est ce que c’est ?

Un anti-inflammatoire est un médicament dont l’objectif est de combattre une inflammation (réaction de défense du système immunitaire du corps face à une agression externe). Il est généralement indiqué lorsque ce processus normal de défense du corps contre les agressions devient douloureux.

inflammations-Drépanocytose

Inflammations-Drépanocytose

Classifiés en 02 grandes familles, l’on retrouve essentiellement les corticoïdes (anti-inflammatoires stéroïdiens) et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Les 02 familles d’anti-inflammatoires

1- Les corticostéroïdes ou corticoïdes

Depuis les années 1950, ils ont été utilisés avec succès pour les maladies rhumatismales. Lorsqu’ils sont pris en traitement court, ils sont rarement à l’origine de problèmes. Par contre, pris à long terme (dans le cas du patient atteint de drépanocytose), nous pouvons citer les effets secondaires suivants :

  • Des troubles digestifs dont l’ulcère gastro-duodénal et l’hémorragie digestive du fait de l’augmentation des sécrétions d’acide par l’estomac etc…
  • Des troubles psychiques : euphorie, excitation, dépression etc…
  • etc…

Parmi les corticoïdes nous pouvons citer comme médicaments : Celestene, Celestamine, … (voir lien)

2- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Plus fréquemment prescrits aux patients atteints de drépanocytose, les AINS sont très efficaces durant les crises inflammatoires ou pendant les CVO (Crises Vaso-Occlusives).  Les deux AINS plus connus sont l’aspirine et l’ibuprofène.

anti-inflammatoires ibuprofène

Anti-inflammatoire ibuprofène

Par contre, les AINS administrés par voies orale, injectable et etc, ont tous des effets secondaires communs :

  • Une agressivité de la muqueuse gastrique voire un gros risque d’ulcère. Perforation et saignement de l’estomac. Atteinte de l’intestin grêle…
  • Une insuffisance rénale aiguë peut survenir.
  • etc..

Dans mon cas, je me suis retrouvé à faire une grosse crise d’ulcère durant mon enfance, à cause de la consommation fréquente et prolongée des anti-inflammatoires non stéroïdiens en l’occurrence le PROFENID. (En plus de souffrir des douleurs habituelles, je venais d’en ajouter une nouvelle).

Quelles précautions prendre pour le Drépanocytaire ?

Quelques recommandations :

  •  A cause du risque ulcéreux gastrique, il faut faire accompagner son traitement d’un protecteur gastrique, bien sûr avec l’accord de votre médecin suiveur. (Abordez ce sujet sans détour, pour vous éviter des surprises)
  • Prévoir dans son bilan de santé, la fibroscopie pour visualiser l’intérieur de l’estomac afin de mieux traiter les lésions internes et avoir une idée de l’impact des anti-inflammatoires sur votre organisme.

  • Ne jamais prendre vos médicaments l’estomac vide : sur ce point, je l’avoue, les douleurs nous surprennent à tous moments. Nous prenons donc rapidement nos médocs pour éviter que les douleurs deviennent insupportables, souvent au détriment de notre estomac. Aussi, nous manquons d’appétit, mais il faut toujours prendre  quelque chose pour protéger notre estomac.

(L’estomac ne sait pas que tu es malade me disait toujours ma mère; me conseillant de prendre un repas pour le protéger quand je suis souffrant et pour avoir des forces)

  • Il faut beaucoup s’hydrater, j’ai constaté que lors de la prise des AINS, j’avais les lèvres desséchées, une plus grande soif et une coloration légèrement plus foncée des urines. (voir article)
  • Ce point est un choix personnel, j’évite de prendre le plus possible les anti-inflammatoires en fonction des douleurs que j’ai, en les classifiant par intensité. (l’application Drepacare vient encore plus m’aider  dans ce sens lol)

NB: Il est important de savoir que les anti-inflammatoires n’agissent pas sur la cause des douleurs.

Il est donc primordial pour le drépanocytaire de rechercher le facteur de l’inflammation pour le traiter afin d’éviter des complications. Enfin, si les douleurs sont accompagnées de fièvre, il faut urgemment vous rendre à l’hôpital car vous avez certainement un foyer infectieux.

Je partagerai avec vous dans un prochain article, l’utilisation du TRAMADOL. D’ici là, prenez soin de vous.

 

Donald ABAKA

#DrépaConseils#DrépaAstuces#Drépanocytose#Drépanocytaires#SickleCell

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