La Diététique du Drépanocytaire

Durant ma petite vie de drépanocytaire, j’ai beaucoup souffert de carence alimentaire et c’était un véritable challenge pour moi de prendre des kilos, un effort surhumain pour les conserver. Cette particularité est remarquée chez la plupart des drépanocytaires que l’on reconnais très vite par le petit index de  masse musculaire (quasi chétif) avec la belle coloration jaune des yeux (rires l’on se reconnait entre mille).

J’ai donc décidé de partager ce petit article parmi les règles d’or, pour nous permettre d’avoir une alimentation équilibrée, l’un des premiers remèdes contre la drépanocytose (bien manger vaut mieux que mille prises de médicaments).

Les Règles diététiques du drépanocytaire

Du latin diaetetica, « ensemble des règles à suivre pour un régime équilibré« , la diététique s’apparente à un moyen d’agir sur sa santé et sa forme via l’alimentation. De nombreuses carences alimentaires sont remarquées chez la plupart des personnes atteintes de la drépanocytose, liées directement aux choix alimentaires et très souvent à la maladie : hémolyse, crise vaso-occlusive qui nous font perdre nos kilos si chèrement acquis. Il est donc plus qu’opportun d’avoir une alimentation équilibrée et au besoin faire appel à la consultation d’un diététicien serait un véritable atout.

1- Vitamines B12, B9 et Fer

Le drépanocytaire a une forte carence en vitamine B12, il pourra donc corriger cette carence en apport de certains aliments. Nous ne les citerons pas tous de peur d’être trop long :

Les informations ci-dessous rassemblent certains des aliments principaux contenant de la vitamines B12. Il faut retenir que la vitamine B12 est très thermosensible (sensible à la chaleur) et par conséquent, que ces chiffres chutent considérablement lorsque ces différents aliments sont cuits.

  • Pour les carnivores

Vous trouverez la vitamine B12 dans :

 

  • Pour les végétariens 

Pour les drépanocytaires végétariens, ne consommant pas de viande ou poisson mais acceptant les produits issus des animaux, lait, fromage, œufs, … il y a de bonnes possibilités d’avoir des apports en vitamines B12 via l’alimentation. Le camembert, l’emmental, le gouda, les œufs de poule, sont les aliments de cette catégorie qui contiennent le plus de vitamine B12. Le lait et le yaourt en revanche n’en contiennent que des quantités faibles.

  • Le Fer

Le problème de certains drépanocytaires est le plus souvent celui d’une surcharge martiale (taux de fer présent dans l’organisme trop important) liée aux transfusions itératives et à l’hémolyse chronique. il ne faut pas apporter de supplément martial chez les drépanocytaires qui bénéficient d’un programme de saignées dont le but est de provoquer une carence en fer pour diminuer le taux d’hémoglobine et la viscosité sanguine.

Pour les aliments riches en Fer vous pouvez lire cet article.

  • Vitamine B9

Une carence en folates (vitamine B9) est très fréquente du fait de l’hémolyse chronique et d’un déficit alimentaire. Le drépanocytaire devra avoir un supplément en acide folique (5mg/jour selon le niveau du déficit).

Vous trouverez la vitamine B9 dans : le foie (bœuf, poulet), les légumes verts foncés (épinard, choux de Bruxelles, chou vert, haricots verts, avocat, laitue, mâche, fenouil, concombre,…), les légumineuses (lentilles, pois chiches, soja, haricots en grains…), les levures (levure de bière), le jaune d’œuf, la viande (bœuf et veau), les céréales complètes, les autres légumes (asperges, champignons, betteraves, carottes, pommes de terre, endives,…), les fruits (banane, orange, framboise…), les fruits secs (noix), le lait et le fromage…

2- Vitamines A, C, E et Zinc

Des déficits en vitamines A, C, E et en zinc  ont été mis en évidence chez certains enfants et adultes drépanocytaires. Les causes supposées sont les hémolyses, etc.
Les données existantes ne sont pas suffisantes pour conseiller une supplémentation systématique pour ces vitamines aux propriétés anti-oxydantes. Elles sont cependant utilisées par certains prescripteurs à titre d’anti-oxydants naturels en vue de bloquer l’oxydation prématurée des membranes des globules rouges, ce qui pourrait améliorer ainsi leur résistance à la lyse et la maladie (diminution des crises, du nombre d’hospitalisation, augmentation du taux d’hémoglobine, etc).
En cas d’ulcères cutanés, le zinc peut être proposé aux patients.

  • Vitamine A

La vitamine A est essentielle à la différenciation et la croissance cellulaire, car elle participe à la transcription de certains gènes et à la synthèse de certaines protéines. Elle favorise également l’absorption du fer et semble jouer un rôle dans la régulation des réponses inflammatoires.

Vous trouverez la vitamine A dans les aliments suivants : Abats de dinde braisés ou mijotés, Foie de bœuf sauté ou braisé, Abats de poulet braisés ou mijotés, Jus de carotte, Patate douce (avec la pelure) cuite au four, Épinards bouillis, etc…

 

  • Vitamine C

La vitamine C participe à des centaines de processus dans l’organisme. Une de ces principales fonctions est d’aider le corps à fabriquer le collagène, une protéine essentielle à la formation du tissu conjonctif de la peau, des ligaments et des os. Elle contribue aussi au maintien de la fonction immunitaire, elle active la cicatrisation des plaies, participe à la formation des globules rouges et augmente l’absorption du fer contenu dans les végétaux.

Vous trouverez la vitamine C dans :

Aliments Portions (mg)        
1

Goyave

125 ml (1/2 tasse) 199 mg
2 Poivron rouge, cru ou cuit 125 ml (1/2 tasse) 101-166 mg
3 Poivron vert, cru ou cuit 125 ml (1/2 tasse) 54-132 mg
4 Papaye ½ papaye (153 g) 94 mg
5 Kiwi 1 fruit moyen (76 g) 71 mg
6 Orange 1 fruit moyen 70 mg
7 Jus d’orange 125 ml (1/2 tasse) 43-66 mg
8 Mangue 1 fruit moyen (207 g) 57 mg
9 Brocoli, cru ou cuit 125 ml (1/2 tasse) 42-54 mg
10 Choux de Bruxelles cuits 4 choux (84 g) 52 mg

  • Vitamine E

La vitamine E est très répandue dans la nature.

On la trouve principalement dans les huiles végétales (germe de blé, tournesol, olive, arachide, colza, soja…), le germe de blé, les fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes,…), les céréales complètes.
Et elle est également présente, dans une moindre mesure, dans le foie, les œufs, le lait et le beurre, les poissons gras, l’avocat, dans certains légumes verts (épinards, cresson, brocoli, choux de bruxelles,…).

Le terme de vitamine E s’applique à deux familles de composés, les tocophérols (alpha, bêta, gamma, delta) et les tocotriénols (alpha, bêta, gamma, delta). Il existe donc huit formes de vitamine E. La forme retrouvée le plus souvent dans la nature est l’alpha-tocophéro.

Par son action antioxydante, la vitamine E empêche la production de radicaux libres, qui résulte de l’oxydation de substances chimiques dans l’organisme. Ces radicaux libres sont impliqués dans la survenue de nombreuses maladies. La vitamine E protège notamment les cellules de la peau et les globules rouges contre le mécanisme d’oxydation.

  • Zinc

Le zinc est un minéral, il fait partie des oligo-éléments, c’est à dire des substances essentielles au bon fonctionnement de nos cellules mais en toutes petites quantités. Le corps en contient environ 2,5 g dont 60 % sont présents dans les muscles et 30 % dans les os. Les 10 % restants sont répartis dans la peau, les yeux, le foie, les reins, le pancréas, les glandes surrénales et la prostate.

Le zinc a des rôles variés au sein de l’organisme.

  • C’est un puissant antioxydant : il protège les cellules des radicaux libres ;
  • Il intervient dans les mécanismes de cicatrisation ;
  • Il est nécessaire pour la préservation du goût et de l’odorat ;
  • Il rentre dans la composition de plus de 200 enzymes ;
  • Il intervient dans la synthèse hormonale, comme celle de l’insuline.

Vous trouvez du zinc dans les aliments suivants : les huîtres, le cacao en poudre, les germes de blé, le veau, les œufs, les noix de cajou, les lentilles, etc…

 

3- Vitamine D, Calcium et Phosphore

  • Vitamine D

L’existence d’une carence en vitamine D3 (25-OH-D3) a été rapportée chez plus des deux tiers des adultes drépanocytaires. Elle peut rendre compte ou aggraver une ostéopénie voire une ostéoporose chez l’adulte jeune.

La vitamine D est vitale pour la santé des os et des dents. En effet, elle joue un rôle essentiel dans le métabolisme du calcium dans l’organisme. Elle régularise le taux de calcium sanguin en améliorant l’absorption intestinale de ce minéral, tout en minimisant son élimination par l’urine. Elle participe aussi à la déposition et au retrait de calcium des os, selon les besoins de l’organisme.

Vous trouverez la vitamine D dans les aliments suivants : Saumon grillé ou poché, Saumon en conserve, Thon rouge grillé, Hareng de l’Atlantique mariné, Truite grillée…

      

  • Calcium et Phosphore

La calcémie totale et ionisée est le plus souvent dans les valeurs normales basses. La phosphorémie est le plus souvent normale mais peut parfois être élevée à la fin de la puberté chez le drépanocytaire.

Il convient de conseiller aux patients de consommer davantage de laitages (lait, yaourt), de fromages (surtout ceux à pâte dure lorsqu’il n’existe pas de surpoids), de fruit secs (olives, dattes, noisettes, noix, amandes, etc.) et des eaux riches en calcium. En cas d’impossibilité d’augmenter ces apports, il est souhaitable d’instaurer des cures de quelques mois de supplémentation calcique (500 mg/j de carbonate de calcium ou autre produit).

Pour terminer, le conseil que nous pourrions donner aux drépanocytaires est le suivant :

Faire trois repas : petit déjeuner, déjeuner, un goûter et dîner.
Penser à manger :
– Fruits et légumes variés (salade, avocat, orange, etc) à chaque repas
– Oeufs (au moins 2 fois par semaine)
– Lait, yaourt, fromages : si possible un à chaque repas
– Fruits secs (sauf en cas d’insuffisance rénale sévère car ils apportent aussi beaucoup de potassium, et en cas de surpoids car ils apportent beaucoup de calories).

Prenez soin de Vous.

Donald ABAKA

 

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